lundi 22 août 2011

Agonie

Il était très vieux, avançait de plus en plus lentement sur les graviers. Un jour, des mouches lui ont tourné autour, et ont pondu leurs oeufs. J'essayé de le nettoyer, mais il n'était pas coopérant. Le lendemain, il est resté étendu toute la journée, se déplaçant pour trouver de l'ombre. J'ai vu que les asticots avaient grossi. Le vétérinaire a fait au mieux. Mais moi, n'ai-je pas prolongé son agonie dans le fol espoir d'une guérison ?


On causait de mouches ! Vous savez pas ce que c'est que de mourir de soif, mon général. Mais j'ai étudié ça, c'est assez bichant. Votre langue va d’abord gonfler. La déglutition deviendra de plus en plus pénible. Puis viendront les troubles auditifs, les troubles visuels, ensuite. C'est l’évolution classique. Les spasmes viendront plus tard précédant de peu l’agonie. C'est à ce moment là que les mouches attaqueront.  (Michel AudiardUn taxi pour Tobrouk, 1961).

4 commentaires:

Agnès a dit…

On fait ce qu'on peut, et certaines choses difficiles ont certainement leur raison d'être. (ah ce texte d'Audiard). Mais c'est toujours insupportable de voir un autre souffrir...

Céline Laurent a dit…

Merci pour ton petit mot Agnès. Et merci à Audiard, poétique et terrien.

Agnès a dit…

je ne trouve pas ton mail, mais tu as lu le dernier texte sur Destouches? je le trouve formidable.

Céline Laurent a dit…

Le lion de Kessel, par Joan : la lecture comme une nouvelle dimension de l'existence. Très beau.