samedi 5 mai 2012

Qui a écrit ?

"Cet agacement insurmontable devant ma mère, toutes les horreurs dont je l'accuse, sa vulgarité, ses histoires en dessous, ses pensées égoïstes et morbides, sa bondieuserie, je sais que tout cela me cachera à tout jamais ses qualités."
Un indice à chaque proposition, sauf si c'est la bonne ...

mardi 1 mai 2012

L'essentiel


Le rendez-vous de trop ?
Non, mais elle avait envie de fumer, alors elle s’est levée et a quitté la salle du restaurant.
Je regardais les ferronneries de la maison en face, en attendant son retour.
Elle s’est assise, un petit sourire, je ne sais plus si elle a parlé.
Que lui répondre ?
Constater que la conversation s’était épuisée, les sujets travail, enfants, loisirs déjà évoqués.
Ce qui nous avait rapproché ne s’est pas manifesté.
C’était quoi au juste ?

samedi 21 avril 2012

Saturne

d'Eduardo Halfon, éditions meet, "les bilingues", traduit de l'espagnol par Françoise Garnier
"Votre colère lors de notre ultime bagarre, père, me dévore encore. Vos cris résonnent encore en moi comme ces coups de tonnerre qui précèdent la pluie, la pluie qui jamais ne cesse. Insultes et menaces et condamnations. Taillées par un géant. Vous avez avoué, père, votre désir de vous venger de moi. Vous me l'avez crié, vous en souvenez-vous ?"
"Su còlera durante nuestra ùltima batalla, padre, todavìa me està consumiendo. Sus gritos retumban en mì como los truenos que preceden la lluvia, la lluvia que jamàs escampa. Insultos y amenaza y condenas. Como las de un gigante. Admitiò usted, padre, su deseo de vengarse de mì. Asì me lo gritò, Se recuerda ? "
Mon clavier n'est pas hispanique, vous pardonnerez les accents. Ce texte est une lettre adressée au père du narrateur. "Des réflexions sur le suicide, et sur mon père, me hantent." Une lettre où les suicides des écrivains sont égrainés, comme la litanie des saints.

dimanche 15 avril 2012

TGV



Adèle dans le TGV, prend un café au bar. Tailleur rose pâle très moulant, escarpins roses. Elle sourit d’être avec les autres, comme les autres, que certains hommes louchent sur son décolleté. Les cheveux sont rassemblés dans un chignon, on devine à peine qu’ils sont crépus. Elle est heureuse. Elle revient d’un congrès à Paris, levée tôt, course pour déposer Samuel chez la nounou. Reste à rejoindre la voiture, garée loin des parcmètres, faire la route pour retrouver la maison. Samuel sera déjà couché, Fred aura dîné. Elle aura passé une journée exaltante.
Parmi les clients du bar, une  femme, mal fagotée, la regarde avec insistance et semble la juger. Elle lui répond du regard. Oui, elle veut être vue. Oui, elle joue de sa féminité. Non, elle ne souffre pas dans ses chaussures. Non, sa coiffure plaquée ne lui fait pas mal à la tête. C’est très bien comme ça. C’est le prix de l’assimilation, comme dit son père.

dimanche 25 mars 2012

Volcan brésilien

coulée
200 grammes de chocolat, fondu avec 50 grammes de beurre, deux oeufs ajoutés quand le mélange a tiédi, une belle cuillère de farine tamisée complète le tout : l'appareil est réparti dans 5 moules beurrés et farinés, saupoudré de farine puis gardé au réfrigérateur. Le moment venu, la cuisson débute à four chaud, thermostat 7. La durée est affaire de four, mais ne dépassera pas douze minutes. Le démoulage est délicat, dans une assiette déjà garnie de glace.
Quand la cuillère, innocemment, brisera la coque chocolatée, une coulée de lave envahira l'existant ...

mercredi 21 mars 2012

Tedo

Ainsi, tu es passé, tu as atteint l'autre rive
J'ai pensé pouvoir montrer ton histoire à mes enfants, mais j'ai renoncé.
Patience, ils ont bien le temps de découvrir le monde ...
Ce monde où les enfants sont des cibles, les femmes des marchandises, les hommes de tristes pantins
Pourtant, comme José, je crois en l'amour
En notre humanité
Continue, Tedo

samedi 17 mars 2012

Les plantureuses

Adrienne a ramené à ma mémoire la visite d'une exposition à Liège du scuplteur George Grard.
J'avais contourné ces femmes monumentales et apprécié leur forme généreuse.
Comme souvent, le catalogue est dans ma bibliothèque, témoin d'un jour où je me suis sentie libre ...