de OKAKURA Kakuzô, éditions Picquier Poche
J'avais lu l'an passé un roman intitulé "le Maître du thé" qui évoquait le grand Rikyû. Les préface et postface de Sen Soshitsu m'ont été très utiles pour situé cette oeuvre, qui fait référence aujourd'hui. Ecrit vers 1905 par un homme à cheval entre les cultures orientale et occidentale, ce texte est d'une étonnante actualité.
"La chambre de thé fut une oasis dans le désert morne de l'existence, où des voyageurs épuisés pouvaient se retrouver et boire à la source commune de l'amour de l'art. La cérémonie évoquait quelque drame improvisé dont l'intrigue se nouait autour du thé, des fleurs et de la peinture. Nulle couleur en disharmonie avec les teintes de la pièce, nul bruit pour rompre le rythme des choses, nul geste pour faire obstacle à l'harmonie, nul mot pour briser l'unité environnante - tous les mouvements devaient être accomplis simplement et naturellement. Telles étaient les visées de notre rituel. Chose singulière, son succès ne s'est jamais démenti. Car une philosophie subtile le gouverne. Le "théisme" n'est autre que le taoïsme déguisé."
Lire et écrire : on apprend ça à l'école. Je suis toujours une apprentie lectrice et écrivante, dans le lieu où je vis, la Jutière. Ce blog pour continuer avec et par d'autres amateurs de mots, sur un clavier. Bienvenue à vous.
mercredi 19 juin 2013
samedi 15 juin 2013
Clin d'oeil
Lui sait que cette promenade sur le quai est prétexte pour alléger nos bourses ... Emportée par une envie "gastronomique", je me laisse tenter par la carte : une salade de harengs, un gratin de courgettes, mais pas de moules, car ce n'est pas encore la saison, comme cela est prometteur !
C'était bon, certes, mais il m'a semblé voir la grimace dans la glace, au moment de l'addition. Le fait maison, ça se paye (ma tête) !
mercredi 12 juin 2013
Calligraphie des rêves
de Juan Marsé, éditions Christian Bourgois
Histoire de Ringo, pendant le franquisme. D'après Antonio Lobo Antunes, Juan Marse est le plus grand écrivain espagnol vivant.
"Les premières gouttes tombent avant qu'il ait atteint les Ramblas. Il n'y a ni tram ni métro à cette heure du petit matin. Tant mieux, Ringo, à pinces jusqu'à la maison, sous la promesse de pluie. D'abord remonter les Ramblas puis traverser la place de Cataluna, déserte et spectrale, remonter le paseo de San Juan, et de là jusqu'à la Taversera pour tourner de nouveau à droite et prendre la rue Escorial. Au fond de certains porches émerge entre les ombres la fille de la glace, qui lui fait signe, en ouvrant son corsage. Pluie sur ses chaussures. Nuages gris dans la bouche. Le message rose dans sa poche."
dimanche 2 juin 2013
Les chutes de Slunj
d'Heimito von Doderer
L'auteur est mort en 1966, trois ans après la publication de ce dernier roman. Foisonnement de personnages à Vienne.
"Une fois entré, Zdenko entendit un léger déclic derrière lui, il ne voyait maintenant presque rien du tout. L'instant d'après, il fut tiré par une main dans la pièce claire. Elle le serra aussitôt dans ses bras et l'embrassa sur la bouche. Ce qui advint ensuite, il lui arriva encore d'en douter des années après, mais les choses s'étaient indéniablement passées de la sorte."
L'auteur est mort en 1966, trois ans après la publication de ce dernier roman. Foisonnement de personnages à Vienne.
"Une fois entré, Zdenko entendit un léger déclic derrière lui, il ne voyait maintenant presque rien du tout. L'instant d'après, il fut tiré par une main dans la pièce claire. Elle le serra aussitôt dans ses bras et l'embrassa sur la bouche. Ce qui advint ensuite, il lui arriva encore d'en douter des années après, mais les choses s'étaient indéniablement passées de la sorte."
dimanche 26 mai 2013
Drôles de visiteurs
Alors que je cherche à savoir qui lit mes messages, je clique sur le site indiqué dans les statistiques, et je tombe (de haut ...) sur une image bien peu ragoûtante de femme.
C'est pour cette raison que je vais mettre à nouveau le petit système pour éviter les commentaires de machines (je sais, cela n'a rien à voir, mais que faire ?)
C'est pour cette raison que je vais mettre à nouveau le petit système pour éviter les commentaires de machines (je sais, cela n'a rien à voir, mais que faire ?)
Un meurtre que tout le monde commet
D'Heimito Doderer, éditions Rivages
"Il prit la mesure de cette possibilité et en envisagea pour ainsi dire les prolongements pendant quelques instants. Mais déjà la couleuvre arrivait sur le bord. Conrad fit un pas en avant, à la fois lourd, brusque et maladroit, et fut le premier près d'elle, il saisit le petit animal tout épuisé qui ne se tortillait plus que faiblement, et après avoir fait deux moulinets complets avec le bras, il le lança au loin.Et ce fut effectivement lui qui lança le plus loin. La couleuvre, inerte comme un bout de corde, alla s'enrouler sur les arêtes vives de l'une des branches cassées de cet arbre enfoui dans l'eau et y resta suspendue sans plus remuer."
La mère de Conrad : "Elle semblait toujours être comme une voile qui passe au bord de la vie".
Livre étonnant : la vie de Kokosch, comme un train qui suit les rails et hurle dans les tunnels.
"Il prit la mesure de cette possibilité et en envisagea pour ainsi dire les prolongements pendant quelques instants. Mais déjà la couleuvre arrivait sur le bord. Conrad fit un pas en avant, à la fois lourd, brusque et maladroit, et fut le premier près d'elle, il saisit le petit animal tout épuisé qui ne se tortillait plus que faiblement, et après avoir fait deux moulinets complets avec le bras, il le lança au loin.Et ce fut effectivement lui qui lança le plus loin. La couleuvre, inerte comme un bout de corde, alla s'enrouler sur les arêtes vives de l'une des branches cassées de cet arbre enfoui dans l'eau et y resta suspendue sans plus remuer."
La mère de Conrad : "Elle semblait toujours être comme une voile qui passe au bord de la vie".
Livre étonnant : la vie de Kokosch, comme un train qui suit les rails et hurle dans les tunnels.
samedi 13 avril 2013
Nous combattrons l'ombre
de Lidia Jorge, éditions Métailié
"Ou bien Maria London se trompait lourdement, ou bien cet homme appelé Campos était pétri d'une sauvagerie, d'une rusticité qui faisait de lui un bloc et l'empêchait de mentir. Il était taillé à la serpe et impossible à décrire. Elle avait conclu cela. Ou alors elle avait pensé cela pour une autre raison importante. Car tout au long de cette harangue provoquée par des étudiants rivaux, il avait défendu exactement ce qu'elle avait appris pendant ses cours d'Inutilités. A savoir qu'un excès d'analyse empêche les actes simples, les actes perpétrés dans l'obscurité de l'inconnaissable qui sont à la base de la création des mythes. La vieille histoire du mille-pattes qui se met à réfléchir aux mouvements de ses pattes et dont la progression se trouve paralysée. Mais la raison évidente pour laquelle elle avait pris un taxi afin de poursuivre Osvaldo Campos de feu rouge en feu rouge le long de l'avenue de la République était d'une nature plus pratique, elle résultait de la conviction soudaine que, contrairement à Navarra, cet homme aux sourcils en bataille n'insisterait pas pour qu'elle fasse la distinction entre ce qui était rêvé en dormant et ce qui l'était en marchant. Cette toile dans laquelle elle-même s'enveloppait comme dans un costume de scaphandrier et dont elle ne voulait pas se déprendre et vers laquelle Navarra envoyait ses comprimés, soit dans l'intention de la faire exploser, soit dans l'espoir de l'endormir à force de paix."
Qui n'a pas rêvé de connaître la vie de son psychanalyste, une fois la porte du cabinet fermée ? C'est une lecture possible de ce roman. J'y ai trouvé aussi le parfum des romans de Saramago, portugais comme l'auteure.
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