dimanche 26 mai 2013

Drôles de visiteurs

Alors que je cherche à savoir qui lit mes messages, je clique sur le site indiqué dans les statistiques, et je tombe (de haut ...) sur une image bien peu ragoûtante de femme.
C'est pour cette raison que je vais mettre à nouveau le petit système pour éviter les commentaires de machines (je sais, cela n'a rien à voir, mais que faire ?)

Un meurtre que tout le monde commet

D'Heimito Doderer, éditions Rivages
"Il prit la mesure de cette possibilité et en envisagea pour ainsi dire les prolongements pendant quelques instants. Mais déjà la couleuvre arrivait sur le bord. Conrad fit un pas en avant, à la fois lourd, brusque et maladroit, et fut le premier près d'elle, il saisit le petit animal tout épuisé qui ne se tortillait plus que faiblement, et après avoir fait deux moulinets complets avec le bras, il le lança au loin.Et ce fut effectivement lui qui lança le plus loin. La couleuvre, inerte comme un bout de corde, alla s'enrouler sur les arêtes vives de l'une des branches cassées de cet arbre enfoui dans l'eau et y resta suspendue sans plus remuer."
La mère de Conrad : "Elle semblait toujours être comme une voile qui passe au bord de la vie".
Livre étonnant : la vie de Kokosch, comme un train qui suit les rails et hurle dans les tunnels.

samedi 13 avril 2013

Nous combattrons l'ombre

de Lidia Jorge, éditions Métailié
"Ou bien Maria London se trompait lourdement, ou bien cet homme appelé Campos était pétri d'une sauvagerie, d'une rusticité qui faisait de lui un bloc et l'empêchait de mentir. Il était taillé à la serpe et impossible à décrire. Elle avait conclu cela. Ou alors elle avait pensé cela pour une autre raison importante. Car tout au long de cette harangue provoquée par des étudiants rivaux, il avait défendu exactement ce qu'elle avait appris pendant ses cours d'Inutilités. A savoir qu'un excès d'analyse empêche les actes simples, les actes perpétrés dans l'obscurité de l'inconnaissable qui sont à la base de la création des mythes. La vieille histoire du mille-pattes qui se met à réfléchir aux mouvements de ses pattes et dont la progression se trouve paralysée. Mais la raison évidente pour laquelle elle avait pris un taxi afin de poursuivre Osvaldo Campos de feu rouge en feu rouge le long de l'avenue de la République était d'une nature plus pratique, elle résultait de la conviction soudaine que, contrairement à Navarra, cet homme aux sourcils en bataille n'insisterait pas pour qu'elle fasse la distinction entre ce qui était rêvé en dormant et ce qui l'était en marchant. Cette toile dans laquelle elle-même s'enveloppait comme dans un costume de scaphandrier et dont elle ne voulait pas se déprendre et vers laquelle Navarra envoyait ses comprimés, soit dans l'intention de la faire exploser, soit dans l'espoir de l'endormir à force de paix."
Qui n'a pas rêvé de connaître la vie de son psychanalyste, une fois la porte du cabinet fermée ? C'est une lecture possible de ce roman. J'y ai trouvé aussi le parfum des romans de Saramago, portugais comme l'auteure. 

lundi 18 mars 2013

Les débutantes

de J. Courtney Sullivan, éditions rue Fromentin

"Le fait de n'avoir jamais été amoureuse ne dérangeait pas April. Quand elle voyait comment ses amies finissaient par se laisser dépasser par la situation -les crises de larmes, les idées fixes, les coups de fil interminables - elle était bien contente que personne n'ait jamais fait naître cela en elle. Avoir des amies lui suffisait, se disait-elle.Avec les amies, il n'y avait pas de comédie, ni de lutte de pouvoir, pas besoin de se fondre dans un moule étroit correspondant aux canons féminins, que ce soit la pom-pom girl passionnée, l'amoureuse alanguie ou la maman qui gronde. Il suffisait d'être soi-même."
Amitiés à l'université féminine de Smith, ou comment devenir une femme libérée ?

dimanche 27 janvier 2013

Ce qui reste

de Christa Wolf, éditions Alinea
"Cela faisait combien de temps que je n'avais plus écrit de lettres intimes et familières. Que je devais même me forcer à écrire. Je ne le savais plus. Quand avait commencé le temps des lettres "comme si" - lorsque je m'étais résolue à écrire comme si personne n'interceptait les lettres pour les lire ; comme si j'écrivais naturellement, confidentiellement. Je ne le savais plus. Tout ce que je savais, c'est que je n'étais plus capable d'écrire des lettres spontanées, et les relations avec des correspondants demeurant au loin s'effritaient. Pouvais-je encore en ressentir du regret ? De l'indignation ? N'était-ce pas devenu pour moi quelque chose qui allait de soi ? Ils vont arriver à leur fin, pensais-je. Et comment, ils vont y arriver."
Découverte grâce à une émission de France Culture.

samedi 19 janvier 2013

Let it be

En ce moment, il écoute cette chanson en boucle.
When I find myself in times of trouble, Mother Mary comes to me
Speaking words of wisdom, let it be
And in my hour of darkness she is standing right in front of me
Speaking words of wisdom, let it be
Let it be, let it be, let it be, let it be
Whisper words of wisdom, let it be

And when the broken hearted people living in the world agree
There will be an answer, let it be
For though they may be parted, there is still a chance that they will see
There will be an answer, let it be
Let it be, let it be, let it be, let it be
There will be an answer, let it be
Let it be, let it be, let it be, let it be
Whisper words of wisdom, let it be
Let it be, let it be, let it be, let it be
Whisper words of wisdom, let it be

And when the night is cloudy there is still a light that shines on me
Shine until tomorrow, let it be
I wake up to the sound of music, Mother Mary comes to me
Speaking words of wisdom, let it be
Let it be, let it be, let it be, yeah, let it be
There will be an answer, let it be
Let it be, let it be, let it be, yeah, let it be
Whisper words of wisdom, let it be

A écouter ici

mercredi 16 janvier 2013

Villages

de John Updike, éditions du Seuil
""Et toi ? Qui es-tu ? J'oublie tout le temps."
Parler d'elle-même la rendait timide, comme si elle craignait de dévoiler une partie trop tendre ou trop honteuse de son corps, ou comme si elle avait du mal à circonscrire son moi.
"Pas un cheval. J'ai l'air d'un oiseau mais, au fond, je suis un beignet.
- Sûrement pas.
- C'est pas mal d'être beignet, constata-t-elle, offensée. Ils sont tolérants. Ils ne sont pas menaçants. Ils ne font de mal à personne."
Il se vit, par ses yeux, comme une forme sombre, planant, faite pour le mal. "Pas même aux autres beignets ?
- Ils n'en rencontrent pas. Les beignets sont trop rares. La majorité des gens sont des chevaux qui se déplacent en troupeau.""

Alors que je calais sur "L'érotisme" de Georges Bataille, John Updike s'est infiltré sur ma table de chevet. C'était bien plus vivant et très démonstratif ...