mercredi 16 janvier 2013

Villages

de John Updike, éditions du Seuil
""Et toi ? Qui es-tu ? J'oublie tout le temps."
Parler d'elle-même la rendait timide, comme si elle craignait de dévoiler une partie trop tendre ou trop honteuse de son corps, ou comme si elle avait du mal à circonscrire son moi.
"Pas un cheval. J'ai l'air d'un oiseau mais, au fond, je suis un beignet.
- Sûrement pas.
- C'est pas mal d'être beignet, constata-t-elle, offensée. Ils sont tolérants. Ils ne sont pas menaçants. Ils ne font de mal à personne."
Il se vit, par ses yeux, comme une forme sombre, planant, faite pour le mal. "Pas même aux autres beignets ?
- Ils n'en rencontrent pas. Les beignets sont trop rares. La majorité des gens sont des chevaux qui se déplacent en troupeau.""

Alors que je calais sur "L'érotisme" de Georges Bataille, John Updike s'est infiltré sur ma table de chevet. C'était bien plus vivant et très démonstratif ...

mercredi 9 janvier 2013

Montilla


Extrait de l'album "Los parajos perdidos", de Christina Pluhar et l'Arppegiata.
Dans ce morceau, Luciana Mancini.

Pour bien commencer l'année ...

Mon pire ennemi est sous mon chapeau

de Laurent Bénégui, éditions Julliard.
"dormir a du bon. Personnellement, j'avais les idées un peu moins sombres, à défaut d'être totalement plus claires. La nuance est de taille, elle trace la frontière entre les névrosés et les autres. Mais on ne se refait pas à mon âge. Et si je commençais une psychanalyse ? Il paraît qu'après dix ou quinze ans de divan certains parvenaient à choisir le calendrier des éboueurs sans hésiter entre la photo du chaton et celle du chiot. J'en étais là lorsqu'elle entra dans la cuisine, un sourire endormi sur le visage, et m'embrassa comme si la journée d'hier n'avait pas existé."
J'ai lu en quelques heures ces quelques trois cents pages : difficile de faire une pause ! Souvent drôle, l'ambiance m'a bien plu : Paris, aujourd'hui.
Si vous aimez le suspense, n'écoutez-pas l'interview du lien "Julliard" ci-dessus.

dimanche 23 décembre 2012

La dinde au whisky

Une recette québéquoise, retrouvée sur la toile. C'est le moment où jamais pour l'essayer !
Bonnes fêtes à vous


La dinde au Whisky, façon québécoise


Etape l 
Acheter une dinde d'environ 5 kg pour 6 personnes et une bouteille de whisky,
du sel, du poivre, de l'huile d'olive, des bardes de lard.
Etape 2 
Barder la dinde de lard, la ficeler, la saler, la poivrer et ajouter un filet d'huile d'olive.
Etape 3 
Préchauffer le four a 350, pendant dix minutes.
Etape 4 
Se verser un verre de whisky pendant ce temps-là.
Etape 5 
Mettre la dinde au four dans un plat a cuisson.
Etape 6 
Se verser 2 autres verres de whisky.
Etape 7 
Mettre le vour a 400 pendant 20 binutes pour la zaisir.
Etape 8 
Se bercer 3 berres de whisky.
Etape 9 
Après mettons une debieurre, fourrer l'ouvrir et surbeiller la puisson de la tinde.
Etape 10 
Brendre la pouteille de biscuit et s'enfiler une bonne rasade derrière la brabate - non - la trabate!
Etape 11 
Après environ, bouof... une debieurre de blus ou moins, pencher en direction du vour et s'y rendre.
  Oubrir la criss de borte du pour et rebourner, mettre l'autre bord- l’asti de guinde.  Mettons.
Etape 12 
Se pruler la main -f...- avec la tabarnak de borte du vour en la rafermant - ciboere de bâtard.
Etape 13 
S'ass...-woyons- s’ass...-ben woyons- s'ass...- woyons, c'qu'al'est, sti! - s'asse...woere- bon!- 
 s'a griss de chaise et se reverder 5 ou 6 whisky de verre... ou le gontraire- ou... cares.
Etape 14 
Buire - non - suire - non - cuire - non – ah ben oui, c'est ca : cuire -la bingue bandant 4 heures.
4 heures. Z'est ca.
Etape 15 
Et hop....pelai..e, 5 berres de plisse !  Ca vait du bien barou ça passe.
Etape 16 
ttttttttttirer le four-re de la dinde.
Etape 17 
Se rebercer une tite corchée de puisky - bas trop - tention, zussun droigt ?
wop attention- wopokay merci de rien.
Etape 18 
Là mon chum, on vazzayer de-suimoabenla- zortir le bour de la-woyons- de caliss m’a tu l'dire-
de woyons- de pinde, ça y est! s'cuse,voulais pas dire "de pinde", ce voulais dire,
 c’est: zordir le dinde de-c'est ca: de dinde- de dinde de nouveau, parce que,
 laisse-moe faire là, non laisse-moe faire, non gar-moe ben, bon OK, fais-le donc.
Etape 19
Rabasser la dinde qui est, hoonnnn, tombée bar derre.  L'ettuyer avec une... -non,
 l’aut' porte- avec un linge a vesselle et ladeposechappewopelaieoke sur un blat, ou une assiette,
ou on s'encriss...

Etape 20
Se péter la gueule a cause du gras sur le cushion floor - non -les tuiles de chose- de brelart,
genre de zeremiquecommonpourraitdire- anyway le plancher sti de la puisine et essayer
de se relever pour serass... -woyons- se rass... -s’ra pas long- serassss...ssayer. Pas grave.
Etape 21 
Décider qu'on est aussi ben a terre, ah pis venir la pouteille debouisky, quins.
Etape 22 
Ramper jusqu’au lit et torpir ziss un tipeu, polontan, issintipeupimouettkerect.
Etape 23 
Le lendemain midi, manger la dinde froide avec une bonne mayonnaise et prendre
l'après-midi pour nettoyer l'esti bordel que t'as fait dans l'cuisine la veille.


vendredi 2 novembre 2012

Les démons de Berlin

d'Ignacio del Valle, éditions Phébus
"Il se mit à leur place, tentant d'imaginer les mois d'enfermement, la destruction physique et morale qu'elles avaient subis jour après jour ; mais ce qui réveilla sa colère, ce ne fut pas leur misère, ni la malchance qui rampait autour de leurs personnes, pas plus que la faim qui les avait poussées à prendre des risques et à multiplier les larcins, ou ce long moment où elles étaient restées enterrées vivantes pour ne pas être emmenées dans un lieu plus terrible encore que la mort, mais l'absence, chez cette petite fille, de cette estime de soi infinie que possèdent les enfants, cette croyance primitive que le monde leur appartient, et avec lui, tout l'amour qu'il contient : cette conviction qu'ils ont le droit d'être aimés sans contrepartie."

jeudi 1 novembre 2012

Les conditions élémentaires du bonheur

"Dans the ..., il affirmera que les quatre conditions élémentaires du bonheur sont : la vie en plein air, l'amour d'une femme, le détachement de toute ambition et la création d'un Beau nouveau."
Alors, de qui est cette définition ?

samedi 20 octobre 2012

Ecorces

de Georges Didi-Huberman, Les éditions de minuit
  "C'est sur cette route, après la "sélection" sur la Judenrampe, qu'un fonctionnaire nazi s'est posté, entre mai et juin 1944, pour photographier les arrivants des convois de juifs hongrois, et notamment ces "inaptes" - femmes, enfants, vieillards - que l'on menait directement à la mort. En ce dimanche paisible de juin 2011, la route est vide : pas un touriste à l'horizon. Ce n'est qu'une voie caillouteuse pour se rendre de la zone ferroviaire du camp vers la zone des chambres à gaz. L'image que j'en saisis d'une visée sommaire et d'un simple geste du doigt est au fond bien plus retorse, en dépit de sa grande banalité, bien plus complexe que tout ce qu'on peut dire lorsqu'on espère tout d'une photographie ("oui, c'est là, c'est cela") ou au contraire, lorsqu'on n'en espère plus rien du tout (" non, ce n'est pas cela, car cela est inimaginable").
Il suffit d'un point de vue archéologique pour lever les fausses difficultés de cette alternative.Oui, c'est bien là, oui c'est cela qui résiste encore au temps : c'est bien cette route, ce chemin, ce sont bien ces deux haies de piliers en béton munis de barbelés. C'est bien le lieu de notre notre histoire. Mais ce lieu est désormais vide de tous les acteurs de sa tragédie. Le feu de l'histoire est passé. Parti avec la fumée des crématoires, enfoui avec les cendres  des morts. Est-ce à dire qu'il n'y a rien à imaginer parce qu'il n'y a rien -ou si peu- à voir ? Certainement pas. Regarder les choses d'un point de vue archéologique, c'est comparer ce que nous voyons au présent, qui a survécu, avec ce que nous savons avoir disparu."

Pour compléter, entretien avec l'auteur ici.

Réflexion sur la photographie, les lieux de mémoire, l'inimaginable.