samedi 29 octobre 2011

Seul dans le noir

De Paul Auster, éditions Actes Sud
Choisi sur les conseils de GAlm. Une longue nuit d'insomnie, avec les souvenirs, les cauchemars d'un homme dans le noir.
"... je donnerais gros pour qu'elle apprenne que les actes odieux que les humains commettent les uns envers les autres ne sont pas de simples aberrations - qu'ils sont un élément essentiel de ce que nous sommes. Elle souffrirait moins, ainsi. L'univers ne s'effondrerait pas chaque fois qu'une mésaventure lui arrive et elle ne s'endormirait pas en pleurs une nuit sur deux."
Pierre Soulages. artpointfrance.info 
" Il n'y a pas qu'une seule réalité, caporal. Il existe plusieurs réalités. Il n'y a pas qu'un seul monde. Il y en a plusieurs, et ils existent tous parallèlement les uns aux autres, mondes et anti-mondes, mondes et mondes fantômes, et chacun d'entre eux est rêvé ou imaginé ou écrit par un habitant d'un autre monde. Chaque monde est la création d'un esprit."

mardi 25 octobre 2011

Force de l'ordre

Une émission à la radio à propos de la situation de la police en France, un livre à lire, de Didier Fassin.
C'est La Fontaine qui me vient à l'esprit :
"Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."

dimanche 23 octobre 2011

Petits suicides entre amis

Arto Paasilinna , éditions Denoël.
Pas si simple de se suicider : alors pourquoi ne pas s'associer ?
Arto Paasilinna redonne le goût de vivre à ses personnages en les réunissant autour d'un même objectif, le suicide. On se retrouve au restaurant, on arrose la rencontre et on prend la route tous ensemble.
"Les suicidaires passèrent trois jours à Röntteikkösalmi. Dans la journée, ils éclaircissaient les rangs de betteraves et se régalaient de purée de pommes de terre et de saucisses Stroganoff mitonnées par Kati Jääskeläinen. Le soir, ils faisaient cercle autour du feu de camp et bavardaient entre eux, à des fins thérapeutiques.
Ils appréciaient cette saine vie rustique et seraient bien restés plus longtemps à la ferme, mais Urho n'avait pas d'autres travaux de binage à leur proposer.
Saucisses Stroganoff
Au moment du départ, l'agriculteur, qui avait appris le but du voyage des suicidaires et s'était lié d'amitié avec eux, déclara avec regret : " J'irais ben aussi m'tuer dans l'Nord ... mais nous aut'paysans, on a ben trop à faire en été. J'ai point l'temps d'voyager. Mais pourquoi qu'vous prendriez pas la patronne ? La Kati, elle a qu'ça à faire .. ça m'dérangerait point, qu'elle fasse un peu d'tourisme."

lundi 17 octobre 2011

Bestiaire

Ce reptile observe notre intérieur depuis quelques semaines.
Parfois nonchalant sous la chaleur de la lampe, vif chasseur l'heure venue.
Dinosaure, Australie, silence : fascination du lointain, aboli d'un clin d'oeil quand je croise ton regard.

dimanche 9 octobre 2011

La sève de nos vies

Les journées devenaient assez moroses, et je trouvai mes lectures plutôt sombres, même si le noir amène aussi des sourires. Dans la pile de livres près de mon lit, restait celui-ci : "La sève de nos vies" de Gérard Bessière, éditions Diabase.
"Il était penché depuis longtemps. Dès mon enfance, il était vieux. Mais il me semblait immortel : il était pour moi le grand-père des arbres qui entourent la maison. Chaque fois que je revenais vers ces lieux de ma vie, sa seule vue m'apaisait. En Novembre, ses larges feuilles prenaient une couleur qui alliait le jaune et l'or : à l'entrée dans la nuit, on les voyait encore, comme si elles étaient phosphorescentes. Il s'est cassé discrètement. Il a laissé le vide. L'hiver fut plus froid. Un sentiment de solitude s'est glissé dans le jardin. Le vieux mûrier est mort. Adieu, mon compagnon de toutes mes enfances.
Murier, Vincent Van Gogh
Je regardais parfois le moignon pitoyable. Mais un matin d'avril, quelle surprise ! Des dizaines de rejets jaillissaient de tous côtés : des tiges, des feuilles, une explosion d'avenir, alors que je croyais l'arbre mort."

jeudi 29 septembre 2011

Lucien Jerphagnon

La route était étroite, serpentant entre les champs déjà labourés et les tournesols fanés. Le soleil se couchait : le ciel était sublime. J'écoutai la radio, l'émission était une entrevue avec Lucien Jerphagnon. Le cru et le su, croire aux les mythes, la foi, c'est l'espérance de l'amour. Je m'efforçai de retenir le nom de cet historien de la philosophie, de suivre sa réflexion. La nuit est tombée.
Merci d'avoir éclairé ma route.

mercredi 28 septembre 2011

Ceux qui n'en mènent pas large

De Jean-Pierre Martinet, éditions Le dilettante
Georges Maman, acteur raté, et Dagonard, assistant de cinéma, passent une longue soirée ensemble. Qui se noiera le premier ?
"Oui, un chic type, au fond, on pouvait dire ça. Plein de tact et de délicatesse. C'était rare, dans le métier. Et, avec ça, toujours prêt à régler l'addition le premier. Comme dans les bons vieux westerns, il dégainait presque toujours avant son adversaire, et les protestations, les petits cris effarouchés, ne servaient à rien. En général, tout finissait bien : il casquait. Un dingue du carnet de chèques. Un maniaque de la signature ruineuse. On avait parfois l'impression qu'il avait quelque chose à se faire pardonner. Peut-être sa connerie, peut-être autre chose de moins apparent, comment savoir ? En tout cas, chapeau ! Il payait pour qu'on le supporte. Ils n'étaient pas si nombreux, ceux qui avaient ce genre de scrupules."
Jean-Pierre Martinet fut assistant-réalisateur à l'ORTF, critique à Matulu, et kiosquier à Tours (Libourne, 1944-1993).