mercredi 6 juillet 2011

Les jours, les mois, les années

De Yan Lianke, Editions Philippe Picquier
"A ce moment-là, le bruit d'une averse prochaine se fit entendre. L'aïeul tapota la tête du chien et se dirigea sans bruit, à tâtons, vers l'arête de la montagne. Arrivé là-haut, il vit surgir par intervalles une dizaine, une vingtaine de rats à la traîne qui longeaient la route vers le sud en poussant de petits cris perçants. Il ne parvenait pas à y croire : sur ce chemin de terre dur comme fer, il y avait maintenant une couche de poussière épaisse comme un doigt, des rats pressés les uns contre les autres étaient passés par là, constellant le sol de traces de pattes."
Très beau conte.

dimanche 3 juillet 2011

Se perdre

Merci à GAlm de m'avoir amener vers Annie Ernaux.
"Quand verrai-je les choses en termes distanciés ? Mais alors je deviendrai incapable d'écrire ce que j'écris ici, incapable d'être attentive à ces mouvements humains, quasi impalpables, insoupçonnables auparavant, que provoquent la passion, le désir et la jalousie."

lundi 27 juin 2011

Je m'en vais

de Jean Echenoz, les éditions de Minuit.
Une vidéo de Jean Echenoz m'a conduite à lire un de ces romans. Texte semblant couler de source : "Ferrer fraternisa avec toute la famille Aputiarjuk. A table, il eut un peu de mal à comprendre la profession du père avant de comprendre que celui-ci n'en avait pas. bénéficiaire d'allocations, il préférait chasser le phoque au grand air plutôt que suer dans un petit bureau, dans une grande usine ou sur un gros bateau."

mercredi 22 juin 2011

Les maisons

Coq2Roche3.jpg
Coq de roche
"Nous sommes dans le noir, assis au fond de la salle. Il y a, près de nous, mais je ne le vois pas, un gros chien à poils longs. Je sais qu'il est là.
La boule de plumes vives (un coq exotique) est lancée vers nous. Relancée vers nous, puisque notre tâche consiste à la renvoyer afin que le chien n'en fasse pas son lot.
J'ai peur. La progression de la dévoration s'effectue en dépit de nos efforts. Le chien doit, à chaque fois, rogner un peu plus le coq, et nous ne parviendrons sûrement pas à le sauver."
Catherine Weinzaepflen, éditions Spectres familiers
Métaphore de notre existence ?

mercredi 15 juin 2011

L'Italie si j'y suis

Mocassins Stéphane Gontard - Stromboli
  de Philippe Fusaro, éditions La fosse aux ours.
Dès le début, ce type ne m'était pas sympathique. Quel frimeur ! Et puis, est-ce qu'on boit comme un trou quand on a un enfant avec soi ? Sans doute un roman autobiographique. Ca ne me donne pas envie de le rencontrer, ce bellâtre ...
J'ai lu assez vite le livre, j'étais finalement bien accrochée à l'histoire de ce pas du tout macho, et de son cosmonaute de fils.
Bref, j'ai succombé (une fois de plus) au charme italien.
Merci aussi pour la musique citée en fin d'ouvrage.

dimanche 12 juin 2011

La petite fille au fond du jardin

La petite fille au fond du jardin"Je l'avais nommée Anichoira, un diminutif d'Anne. Elle ne répondait peut-être pas à son nom, mais certainement à ma voix car quand je l'appelais, elle se soulevait et venait vers moi pour se frotter à mes jambes. Parfois, elle frottait sa barbiche contre mes pieds. Une amie fidèle.
Un jour, je rentre de l'école et Anichoira ne m'attend pas. Elle n'est pas là, je la cherche au fond du jardin, elle n'y est pas. Juste à ce moment, je vois mon père penché sur ma chèvre morte, bouche contre une entaille faite à l'un de ses pieds, il souffle, tout rouge, et la peau de l'animal se décolle lentement du corps. "Mon Anichoira !""
Bluma Finkelstein, éditions DIABASE
Un livre qui ne s'éloignera pas de ma table de chevet, et que j'offrirai volontiers.