lundi 3 septembre 2012

Le Maître de thé

De Yasushi Inoué, éditions Stock

"Vous souvenez vous du chapitre concernant l'apprentissage du thé ? Je pense qu'il est dû à Monsieur Rikyû : au début, il faut obéir à tout ce que le Maître ordonne ; ensuite, s'éloigner de lui un certain temps : si le Maître dit d'aller à l'est, se dirige vers l'ouest ! Cette période de contestation est nécessaire pour trouver sa propre personnalité ; après quoi, il faut retourner à nouveau vers le Maître et son enseignement : l'imiter dans les gestes les plus simples, comme verser l'eau d'un récipient dans un autre ... Ceci vaut aussi dans la vie quotidienne."
On trouve aussi cette réflexion : "Le néant n'anéantit rien ; c'est la mort qui abolit tout".
Le style "simple et sain" de la cérémonie du thé, on le découvre par petites touches, descriptions minutieuses des objets et des scènes. L'intrique de l'histoire, elle, chemine sur des décennies. 


samedi 1 septembre 2012

L'Opéra balayé par la pluie

d'Olivier Eudes, éditions Diabase
Lucrezia Panciatichi
"Au dehors j'ai jeté un dernier regard sur le rideau détenteur du mystère de la maison, mais j'ai regagné la rue sans qu'un seul mouvement vienne déranger son ordonnance. Le ciel était toujours aussi désespérément limpide et la chaleur était telle qu'on attendait la naissance des mirages du désert. J'aurais aimé que le temps soit à l'image de mon état d'âme et qu'un orage brise la monotonie de ce bleu pour y plaquer le rouge de ses éclairs et ses presque ténèbres. J'ai rêvé d'un vent fou qui aurait expliqué la déraison de mon acte. Pourquoi avais-je fait cela ?"
L'auteur est lui-même resté un mystère, nous indique la préface. Vingt huit ans, et la maladie l'emporte. J'ai lu ce roman en pensant à l'absence de  celui qui l'a écrit, ce qui ne me vient pas à l'esprit pour un texte du 19eme.
La post-face conclut par "Bonjour, Olivier Eudes !". J'ajoute "merci et bravo".

dimanche 12 août 2012

Lilith


d'Alina Reyes, éditions Robert Laffont

"A travers les murs de la ville, je vois : la solitude et la misère. Et l'enragée activité sexuelle des humains. J'aime cette époque, car elle est enragée de sexe comme d'un rêve à jamais perdu.
Je vois la neige tomber dans une forêt profonde, et les corbeaux en croassant tracer de noires lignes entre les sapins.
Je vois la grande Nature dont nous nous sommes bannis.
Je vois la nuit se coucher sur cette forêt, la pénétrer, je sens les arbres et le ciel échanger leurs vastes et délicates caresses, et je m'en vais, chouette effraie, veiller de mes yeux ronds sur le coeur de la vie."

Lilith, c'est le titre qui m'a attirée, et puis la quatrième de couverture, et le visage de l'auteure. Je n'ai pas été déçue. Au passage, j'ai retrouvé les grottes de Gargas que je venais de visiter ...

jeudi 19 juillet 2012

La femme gelée

"Femmes grignoteuses, toujours démasquées, que des frustrées, des infantiles, satisfactions orales en catimini hou les vilaines manières.
Moi je crois que les bouts de chocolat et de fromage en douce, les lichées de pâte à même le saladier ont sauvé ma part de faim. Le grignotage c'était mon tout-prêt à moi, sans assiette ni couvert qui rappelle le rite de la table, une revanche sur l'éternité de mangeaille à prévoir, acheter, préparer."
Annie Ernaux
Ce contact m'a glacée, j'étais devenue, en lisant, moi aussi une femme gelée.

mercredi 11 juillet 2012

Devinette

"Les trois hommes firent un pas en arrière. Mr R. me fit vivement passer derrière lui : la folle lui sauta à la gorge et lui imprima ses dents dans la joue : il y eut une lutte. C'était une femme de haute stature, presque aussi grande que son mari, et, de plus, assez corpulente : elle fit preuve dans cette lutte, d'une force presque virile, car elle l'étrangla à moitié. Certes, il s'en serait rendu maître par un coup bien dirigé ; mais ne voulant pas la frapper, il ne pouvait que l'empêcher de nuire. Enfin, il put lui saisir les bras : Grâce Poole lui passa une corde, et on lui attacha les mains derrière le dos, puis on la lia sur une chaise. Pendant ces diverses opérations, elle ne cessait de pousser des cris furieux, et de se débattre convulsivement. Quand il eut fini, Mr R. se tourna vers les spectateurs et dit avec un sourire amer :
- Voici ma femme."

Alors, qui est Mr R. ?

jeudi 14 juin 2012

Les Hauts de Hurle-Vent

"Je remarque, quand je parais en sa présence, que les muscles de sa face se contractent involontairement et prennent une expression de haine, haine qui vient en partie de ce qu'il connaît les bonnes raisons que j'ai  d'éprouver pour lui ce même sentiment, et en partie d'une aversion originelle. Cette aversion est assez forte pour me donner la quasi-certitude qu'il ne me pourchassera pas à travers l'Angleterre si je parviens à m'échapper ; il faut par conséquent que je m'éloigne tout à fait. Je suis revenue de mon désir primitif d'être tuée par lui : j'aimerais mieux qu'il se tuât lui-même ! Il a complètement éteint mon amour, je suis donc à mon aise. Je puis pourtant encore me rappeler combien je l'ai aimé ; je puis même vaguement imaginer que je pourrais continuer à l'aimer, si ..."
Emily Brontë, traduit par Frédéric Delebecque, éditions de Fallois

Musique de Kate Bush, images du film de Kosminsky

Fascinant d'amour et de noirceur.

mercredi 6 juin 2012

L'introspecteur

Je l'ai retrouvé en faisant le ménage de printemps. Un long tuyau noir muni d'une petite ampoule lumineuse. Cet appareil nous donne la vision de notre intérieur : la manipulation n'est pas très agréable, mais elle n'est pas douloureuse. L'intérieur de soi, alors éclairé, se révèle enfin : je suis mosaïque à taches rouges ...

sebok.be
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