samedi 4 février 2023

La note sensible

 De Valentine Goby, éditions Gallimard 

"Je n'ai jamais connu de vous qu'un univers sonore, où dominaient Mozart et votre violoncelle. Vous jouiez. Les voix chantaient. J'écrivais. Votre musique est dans ce manuscrit. "

Plutôt que de se plaindre du bruit du voisinage, écouter, imaginer, créer. 

dimanche 21 juillet 2019

La jeune épouse

Alessandro Baricco, éditons Gallimard

Le roman comme un prétexte à l'écriture, la lecture comme un prétexte à l'écrivain.

dimanche 14 juillet 2019

La machine à explorer le temps.

G H Wells, 1899.
Traduction de Henry-D Davray, 1899
Éditions Mercure de France, 1959
"Je crois vous avoir dit combien la température de cet heureux âge était plus élevée que la nôtre. Je ne puis m'expliquer la cause. Peut être le soleil était-il plus chaud, ou la terre plus près du soleil. On admet ordinairement que le soleil doit se refroidir et s'éteindre rapidement. Mais, peu familiers avec les spéculations telles que celles de Darwin le jeune, nous oublions que les planètes doivent finalement retourner l'une après l'autre à la masse, source de leur existence. A mesure que se produiront ces catastrophes, le soleil s'enflammera et rayonnera avec une énergie nouvelle ; il se pouvait que quelque planète eût subi ce sort. Quelle qu'en soit la raison, il est certain que le soleil était beaucoup plus chaud qu'il ne l'est actuellement."
Chère Adrienne, j'aimerais posséder cette fameuse machine pour arrêter le réchauffement climatique, et pour lire ton blog à nouveau, les deux étant d'égale importance !

lundi 21 mai 2018

Le vrai lieu

Annie Ernaux éditions Gallimard

Connaître ce qui nous est donné par l'expérience, programme d'une vie.

vendredi 19 janvier 2018

Cruels silences

de Jennifer Lash, éditions autrement
"L'obscurité mystérieuse de cette chambre noire, son activité intense, l'odeur pénétrante du fixateur, les taches jaunes, le tic-tac régulier de la minuterie, la blancheur des mains qui agitaient les papiers au bromure d'argent dans le fixateur, le secret, l'attente, le résultat final, tout cela les nimbait de magie, comme s'ils avaient été des alchimistes. Les professeurs étaient surpris, mais prêts à leur accorder le bénéfice du doute. Le directeur fut entièrement gagné à leur cause grâce à un cliché de sa mère âgée, photographiée dans l'orangerie avec son petit dogue Brutus."
Dernier roman, "synthèse des thèmes constants de sa propre vie", d'après Mick Brown, auteur de la postface.

vendredi 24 novembre 2017

Chambre froide


Aujourd'hui, on a appris un truc insensé : on a retrouvé Berthe Thiler morte, dans la chambre froide du bas ! Incroyable !
Elle a été assommée par les cartons qui lui sont tombés dessus. Elle n'a pas supporté le froid pendant deux jours... c'est affreux !

Vraiment un accident stupide, c'est la conclusion de tout le monde. Évidemment, la direction le trouve regrettable, va mettre en place des mesures pour cela ne puisse pas se reproduire, et propose à tout le personnel une cellule d'aide psychologique.
Une messe est prévue la semaine prochaine pour rendre un dernier hommage à la victime.
Dans le journal local, le sujet a fait la une, quand même, mais pas les jours suivants, la police n'ayant pas grand chose à raconter.

Je suis allée à la messe, bien obligée. Il ne manquait personne ! Ce qui était drôle, c'était de regarder qui était au premier rang, pas loin des officiels : encore quelques privilèges à espérer ?
Moi, j'étais au milieu, à côté de Dominique.  Derrière moi, ça chuchotait pas mal : " mais qu'est-ce qu'elle faisait là un vendredi soir ?". À la sortie, j'ai croisé le regard de Mickaël, je suis restée distante.

Dominique m'a proposé de prendre un café en sortant, il voyait bien que ça n'allait pas fort. J'ai accepté, pas très malin ! Bref, j'ai commencé à pleurer, il m'a consolé : il pense que c'est le contre coup de la mort de Thiler. Si seulement il savait ! Quand il m'a embrassée, je me suis laissée faire. J'ai regretté aussitôt... Un mélange de café et d'ail !

Mickaël veut me voir absolument, il est sûrement au courant pour Dominique. Je vais le laisser mariner un peu, bien fait pour lui !

J'ai pris un pot avec Nadine. Elle est en boucle sur le moment où elle a découvert le corps, pourtant ça fait plus d'un mois. " Je suis entrée, j'ai allumé, je suis allée vers le fond, j'ai vu un pied dépasser entre les étagères, j'ai hurlé."

Bon, Dominique m'agace franchement. Il voulait qu'on se revoit, j'ai prétexté manquer de temps cette semaine, alors il m'a attendue devant ma voiture. " Tu me déposes ?" Je lui ai fait la gueule jusqu'à chez lui, et puis finalement je suis montée. Grosse scène, comme quoi je ne sais pas ce que je veux, que je suis une allumeuse. Je ne savais plus quoi faire pour le calmer, il m'a fait ensuite le grand jeu, que je comptais énormément pour lui. Bref... ça va être compliqué !

Finalement, j'ai parlé avec Mickaël. En fait, ce qu'il voulait me dire concerne Thiler. Le fameux vendredi, il s'est justement retrouvé avec elle dans la chambre froide. Elle l'avait appelé pour une histoire de stock à contrôler. Mais, assez vite, il a compris que ce n'était qu'un prétexte pour l'engueuler. Ça l'a chauffé et il est parti en claquant la porte. Et le lundi, elle était morte. Il est sûr de l'avoir tuée !
Mickaël veut se dénoncer, il dit qu'il y a sûrement ses empreintes sur la poignée de la porte. Je lui ai dit que je sortais avec Dominique, et je lui ai fait comprendre que c'est à lui que je tenais, malgré tout. Ça lui passe complètement au dessus !

Dominique s'impatiente... alors j'ai accepté de le retrouver en cachette comme les gamins. On était tous les deux dans la chambre froide, moi pas très rassurée. C'est évidemment à ce moment là que Nadine est entrée. Dominique, tranquille, a pris une boîte au hasard, et il est sorti, en éteignant la lumière, comme à son habitude. C'est bien le seul !  Sympa pour sortir discrètement ...

J'ai appelé Mickaël, il est en vacances. Il essaye d'oublier cette histoire, il ne dira rien à la police, puisque l'affaire est classée, mais il est sûr qu'il y a un problème.

 Hier soir, en regardant la télé dans le noir avec Dominique, un truc me turlupinait, mais je n'ai pas trouvé quoi. On s'est couché sans que cela me revienne.

dimanche 15 janvier 2017

Vie ? ou Théâtre ? 
Charlotte Salomon- Editions Le tripode
Roman graphique - Beaux Livres 840 pages
978-2-37055-068-2 Prix: 95,00 €
Parution: 1 octobre 2015

Voici un cadeau qui me ferait vraiment plaisir ...

dimanche 18 décembre 2016

Sherlock

Est-ce l'ambiance londonienne,  l'évocation de l'intelligence plus forte que tout, le charme extravagant de la vedette et la proche normalite de l'autre star ? Mystère... mais les faits sont là  : je suis fan  !

mercredi 27 juillet 2016

Sail on silver girl

Sail on by.

Your time has come to shine.
All your dreams are on their way.
See how they shine.
If you need a friend
I'm sailing right behind.
Like a bridge over troubled water
I will ease your mind.
Like a bridge over troubled water
I will ease your mind.



dimanche 22 mai 2016

le lagon noir

D'Arnaldur Indridason,  éditions Métailie noir
"Erlendur tentait de retrouver le parfum des jours anciens et les  voix de ceux qui avaient vécu dans cette maison au temps de sa splendeur. Les parents de Dagbjort avaient déménagé peu après le drame et  , depuis,  la maison avait changé deux fois de propriétaire. Elle était désormais comme abandonnée au coeur de la ville, inerte. Erlendur pensa à la ferme de ses parents,  ouverte aux quatre vents,  loin d'ici, dans les fjords de l'Est. Il éprouvait le même sentiment de fugacité de l'existence que lorsqu'il retournait là-bas et constatait avec regret que rien ne résistait aux assauts du temps. "
Les nombreux récits sur Erlendur que j'ai lus ont fait de lui une des mes connaissances que j'aime retrouver à l'occasion de la sortie d'un nouveau roman. De plus,  j'ai la chance maintenant de pouvoir imaginer les lieux de l'intrigue,  ayant passer un peu de temps en Islande.

mardi 10 mars 2015

Suite et fin

"L'espérance n'est-elle pas meilleure que le souvenir ? Les méditations dans lesquelles tombe tout à coup notre âme sont alors comme une mer sans rivage au sein de laquelle nous pouvons nager pendant un moment, mais où il faut que notre amour se noie et périsse. Et c'est une affreuse mort. Les sentiments ne sont-ils pas la partie la plus brillante de notre vie ? De cette mort partielle viennent, chez certaines organisations délicates ou fortes, les grands ravages produits par les désenchantements, par les espérances et les passions trompées. Il en fut ainsi du jeune peintre."

Extrait de La bourse, Honoré de Balzac

vendredi 6 mars 2015

Mais encore ?

"Nos sentiments ne sont-ils pas, pour ainsi dire, écrits sur les choses qui nous entourent ? Le lendemain matin, il se leva sans avoir dormi. La douleur au coeur, cette grave maladie morale, avait fait en lui d'énormes progrès. Perdre un bonheur rêvé, renoncer à tout un avenir, est une souffrance plus aigüe que celle causée par la ruine d'une félicité ressentie, quelque complète qu'elle ait été : l'espérance n'est-elle pas meilleure que le souvenir ?"

mardi 3 mars 2015

mercredi 1 octobre 2014

Moondog

Un site
Une musique

Découverte de ce personnage la nuit dernière sur France Culture.

A partager !

lundi 29 septembre 2014

Le fil


Le fil s'introduit entre les interstices et poursuit son chemin, silencieusement. Parfois très vite, parfois après plusieurs jours, il atteint sa destination. Là, il se multiplie, dévorant tout, sans aucun scrupule pour ses hôtes. Quand ceux-ci sont exsangues, il s'échappe, porté par la débâcle. Jusqu'à la prochaine victime.

dimanche 25 mai 2014

La vérité sur William

de Samantha Harvey, éditions La Cosmopolite Stock
"Cet étang, dit William. Cet étang dont tu as parlé. Imagine qu'il y ait un poisson dedans, et qu'après y avoir nagé des années et des années, ce poisson sorte la tête de l'eau et regarde autour de lui. Imagine ce qu'il voit. Cet univers qu'il connaissait, qu'il croyait être le monde, s'avère n'être que le petit fragment d'un monde bien plus grand. S'il ne meurt pas sous le choc, on se demande ce qu'il va faire.
- Je me fiche de ce poisson.""
Socrate revient parmi nous, à Londres. J'avoue que j'aurais eu du mal à le supporter ...

mercredi 21 mai 2014

Les maitres sonneurs

de George Sand, Editions d'aujourd'hui
Qui est une réédition conforme à celle de la "librairie nouvelle" de 1858.
"Ces gens, d'un sang moins rassis que le nôtre, semblaient ne pouvoir tenir en place. Ils ne patientaient point le temps qu'on leur fît offre de quelque plat. Ils apportaient leur pain pour recevoir le fricot dessus, refusaient les assiettes, et retournaient se percher ou se coucher ; d'aucuns aussi mangeaient debout, d'autres en causant et gesticulant, chacun racontant son histoire ou disant chansonnette. C'était comme abeilles bourdonnant autour de la ruche : j'en étais étourdi et ne me sentais pas festiner."

samedi 17 mai 2014

Gazelle

De Rikki Ducornet, éditions Joelle Losfeld
"Du bout de son doigt, il dépose une trace de parfum derrière mon oreille, là où bat mon pouls, en ajoutant :
"La beauté de l'absolue certitude embrasse toujours la subversion du doute absolu."
Le parfum s'appelle métopium. Lorsqu'il exhale ce mot, tout l'exotisme du Caire a fait place à celui de Ramsès Ragab.
Père, qui n'a presque rien dit, murmure avec son amère ironie coutumière :
" La puanteur du doute absolu !""

mercredi 14 mai 2014

La question seule conduit au progrès

Entretiens avec Martin Gray, CD audio Frémaux et associés
"L'homme n'est rien quand son coeur est vide...la vraie prudence est d'écouter en soi la voix du refus, de respecter en soi l'homme."

samedi 12 avril 2014

En souvenir d'André

de Martin Winckler, éditions P.O.L.
"On m'avait appris que nos gènes nous poussent à nous reproduire pour se projeter dans la génération suivante. Que c'est pour eux le seul moyen - égoïste, mesquin, et futile - de tendre vers une ébauche d'éternité. Et c'est plus fort que nous : les plus réticents finissent par faire des enfants, avec ou sans désir, mais pas vraiment par accident. Nous sommes programmés pour le faire, comme nous le sommes pour respirer, boire et manger.Notre libre arbitre est relatif : on ne réfléchit jamais à la futilité de la vie avant d'avoir commis l'irréparable et mis un enfant au monde, quand ce n'est pas plusieurs."
Sujet lourd, et pourtant raconté avec délicatesse et sans pathos : lu avec autant d'empressement qu'un bon polar ... mais qui restera longtemps dans ma mémoire.